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Fiche architecture établie par LOINTIER Philippe en juin 2004
Type d’édifice  : 
Chapelle dédié(e) à Saint Jean d'Orgerolles
Statut  :  propriété de la commune
Localisation
Commune  :  La Bastide d'Engras
Lieu  :  Saint-Jean
Cadastre  :  2007 B3 749 ; 2007 B3 750
Implantation  :  isolé
Aire d’étude  :  Pays Uzège-Pont du Gard
Département  :  Gard
Région  :  Languedoc-Roussillon
Historique
Epoque  :  11e siècle ; 12e siècle ; 16e siècle
L’église de Saint Jean d'Orgerolles est implantée dans un magnifique site à l'extrémité d'un cap barré surplombant la vallée de la Tave. Cette situation a laissé supposer à quelques auteurs qu’elle fût érigée à sur un site défensif ancien. Cette préexistence n’a pas été confirmée par des recherches archéologiques. Toutefois, une notice a été publiée dans le bulletin de la société d'étude des sciences naturelles de Nîmes en 1894 sur une station de l’époque de Néolithique. ..Le bel appareil, encore intact, de calcaire gris clair finement ajusté de l'abside et du mur nord, la technique employée de remplissage des murs entre les parements, orientent la période de construction entre la fin du XIe et la première moitié du XIIe siècle. L’état du parement intérieur du mur nord de la nef et les hauteurs des voûtes, leurs courbes au point d’inflexion du berceau indiquent qu’à l’origine, l’église possédait une seule travée à laquelle deux autres furent ajoutées. Une photographie de 1905, montrant l’église avant l’effondrement des couvertures, confirme cette hypothèse. Une assertion, initiée par l’Abbé Goiffon dans son ouvrage de 1883, attribue sa fondation ou, du moins son appartenance par donation,à l’ordre du Temple, l’austérité de la porte occidentale et du mur nord y incitent. Lors de sa disparition, l’établissement aurait été remis aux chevaliers de l’ordre de Malte, ce qui n’est pas confirmé par les archives de cet ordre. Un habitat jouxtait certainement l’église de Saint Jean d'Orgerolles élevée au rang de prieuré, un acte testamentaire de 1496 mentionnant explicitement la paroisse de Saint Jean d'Orgerolles...Au début du XVIe siècle le clocher, haut de plus de 20 mètres, flanqué d’une tour pentagonale où s’inscrivait un escalier en colimaçon et deux chapelles latérales furent ajoutés contre le mur gouttereau sud. À l’axe des arcatures aveugles, deux arcs en ogive ont été alors ouverts dans ce mur pour communiquer avec chacune des chapelles. La clef de la voûte gothique d’un des passages portait la date de 1531. La communication avec le clocher a par contre été réalisé avec une anse de panier. L’expansion démographique de l’époque et l’utilisation paroissiale de cette église pour les habitants de Pougnadoresse et de La Bastide d’Engras peuvent expliquer l’extension de l’édifice. ..Sa position stratégique dans la haute vallée de la Tave, contrôlant le chemin d’Alès, dit « des Huguenots », a certainement contribué en faire un site défensif durant les guerres de religion. La tradition veut qu’elle ait subi un siège dans la seconde moitié du XVIe siècle, mémoire que corrobore une inscription « W (vive) LE ROY W BASTIDE 1588 » gravée sur le premier contrefort du mur nord...Les archives restent muettes jusqu’en 1818, date de son affectation, à nouveau au culte après de rapides travaux de consolidation et l’abandon des chapelles latérales. Elle fut désaffectée une dizaine d’années plus tard. Seul, le cimetière situé au chevet, resta en service jusqu’en 1910..
Description
Matériaux de construction  :  calcaire , grès ; moellon , pierre de taille
Matériaux de couverture  :  calcaire
Face à la menace de ruine totale de l’édifice, l’association « Les Amis de Saint Jean d’Orgerolles » ont entamé des démarches au milieu des années 70 qui devaient aboutir à la restauration de l’abside, de sa couverture en lauzes et de l’arc triomphal en 1978 (un mouvement de terrain avait créé des fissures importantes dans le chevet) à la réouverture de la porte occidentale dont le pied droit fut reconstitué; en 1980 la dernière travée ouest était consolidée et recevait une nouvelle couverture, les gravats provenant de l’effondrement des deux autres travées, évacués de la nef et les pierres et lauzes de couverture triées et stockées. En 1985, le clocher était consolidé, mis hors d’eau et restauré...Aujourd’hui, le sol de la nef en mauvais état, a cependant retrouvé ses niveaux successifs, la voûte de la travée intermédiaire et celle du chœur n’existent plus, le mur oriental est en partie détruit, seuls subsistent les bouchons réalisés peut être au XIXe siècle vers les chapelles latérales ; celles-ci ont quasiment disparu. Quelques maçonneries solidaires du clocher témoignent de la tour hexagonale du XVIe siècle. La végétation envahi progressivement la partie sud est du chevet et l’emplacement des anciennes chapelles. Les pierres tombales du cimetière ont été pillées et le mur de clôture disparaît progressivement...Le mur gouttereau nord et ses contreforts, la façade ouest, surélevée dans un but défensif sont en bon état de conservation. Quelques fissures, suite un mouvement de terrain intervenu dans les dernières décennies affectent l’extrémité nord est du mur gouttereau et l’abside. À l'intérieur, le long de la façade et des murs latéraux court un banc de pierre. Les claveaux-consoles caractéristiques de nombreuses églises de l'Uzège se retrouvent à chaque arcature...Accès à pied par le chemin de la Bastide d'Engras, difficilement carrossable.
 
Clocher restauré dans sa majeure partie. © Philippe Lointier (2004).
 
 
Façade occidentale en petit appareil certainement surélevée lors de la construction du clocher.. © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Chevet avec abside en partie restaurée et recouverte de lauze calcaire. © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Intérieur de l’abside en cul de four. © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Vue sur la vallée de la Tave depuis la porte occidentale. © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Plan de situation, échelle 1/25000. © IGN.
 
 
Plan de situation, cadastre. © Cadastre.
 


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