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Fiche architecture établie par LOINTIER Philippe en juin 2004
Type d’édifice  : 
Chapelle de seigneur dédié(e) à Saint Michel actuellement : hangar ; désaffecté
Statut  :  propriété privée
Fermé au public
Localisation
Commune  :  Pougnadoresse
Lieu  :  le village
Adresse  :  Rue Principale
Cadastre  :  B 207
Implantation  :  en village
Aire d’étude  :  Pays Uzège-Pont du Gard
Département  :  Gard
Région  :  Languedoc-Roussillon
Historique
Epoque  :  14e siècle ; 17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle
Cette petite église dédiée à saint Michel aurait été construite, par le seigneur de Pougnadoresse, Gabriel Le Chantre, à partir de 1620 sur un site de culte existant déjà à l’époque carolingienne ( ?). Initialement chapelle du château, en 1678, elle fut mise à disposition des habitants du village pour leur église sur autorisation de l’évêque d’Uzes. La chapelle fut alors agrandie en 1688. À la Révolution, l’église fut vendue comme bien national, la cloche enlevée pour être fondue. Le caveau de la famille de Pougnadoresse est alors déplacé dans une chapelle du château. La famille racheta lors de la Restauration l’édifice qui redevint un lieu de culte à disposition des habitants. Début 1820 une petite cloche est réinstallée, celle-ci est remplacée par une cloche plus importante en octobre de la même année. En 1836, une chapelle est adjointe à l’église et dans la continuité une sacristie dont la porte murée subsiste. La construction d’une nouvelle église plus vaste à proximité, de style néo-gothique, conduisit à la désaffection de la chapelle ou vieille église Saint Michel..Illustration et notes de Monsieur G. de Sorbier de Pougnadoresse
Description
Matériaux de construction  :  calcaire , quartzite ; moellon , pierre de taille
Matériaux de couverture  :  tuile creuse
Représentations figurées  :  ornements architecturaux ; ornements géométriques ; ornement figuré
La chapelle comporte : une abside voûtée en cul-de-four, plus basse que la nef voûtée aussi à deux travées, la seconde vers l’ouest ayant été réalisée ultérieurement en 1688. La façade ouest, où se situe la petite porte d’entrée, est implantée à l’alignement de la rue principale. La construction de 17,20 m. de long par 7,40 m. de large, hors tout est réalisée en petit appareil, en lits parfois réguliers de pierres calcaires et de quarzite qui affleure en bancs rocheux dans le village. Des contre-forts, de 0,75 x 0,80 en moyenne, avec moellons taillés d’angle marquent sur les murs gouttereaux les arcs doubleaux pour les contrebuter..Dans le mur gouttereau sud, une baie plein cintre d’origine à double ébrasement éclaire le début de la première travée vers le chœur, une seconde obturée, se situe à l’axe de la seconde travée. Le mur nord a subi d’importantes transformations, sans doute pour réaliser la chapelle supplémentaire et la sacristie en 1836 dont il ne subsiste rien. Le clocheton en sommet de la façade ouest a aussi disparu, il ne demeure que les pierres de taille de son assise se prolongeant par les chaperons des rives..La couverture, sans génoise, est en tuiles canal posées sur un lit de calage en terre. Celle de l’abside, nécessitant des tuiles de sections dégressives suivant un plan rayonnant est en mauvais état...À l’intérieur, l’utilisation en remise agricole a provoqué quelques altérations dans le bâti d’origine, mais l’ambiance générale est saine sans humidité ni trace antérieure hormis des entrées d’eau ponctuelle par la couverture. Le revêtement en carreaux de terre cuite a quasiment disparu en totalité laissant apparaître, le sol en terre battue. Les arcs-doubleaux reposent sur les tailloirs des piliers engagés, l’ensemble est en pierres de calcaire taillée en boutisses régulières, toute fois, il n’existe pas de corniche au raccord avec la voûte. Des arcs plein-cintre, en pierres de taille aussi, allègent d’une vingtaine de centimètres l’épaisseur des murs gouttereaux qui est de l’ordre de 1,40 m. ; cette disposition, entre arcs-doubleaux confère une épaisseur aux piliers engagés et donne l’impression de chapelles latérales. D’ailleurs la chapelle de 1836 a été créée à partir du renfoncement nord est de la dernière travée..De grandes surfaces d’enduit de la voûte sont absentes indiquant des fuites de toiture dans le temps et laissant apparaître une maçonnerie saine. Le lessivage par l’eau de pluie de la voûte et la chute de plaques d’enduit ont altéré des fresques peintes qui s’apparentent à une technique de détrempe sur un badigeon de chaux blanche..L’enduit de chaux et de sable sans doute de rivière est de granulométrie moyenne avec des grains arrondis de matière et de couleur différente en majorité jaune mais aussi noirs et rouge-orangé..L’épaisseur de l’enduit varie de 1 à 2 centimètres avec une planéité relative et assez rugueuse en surface. Les motifs qui restent visibles, étoile Rayonnante et dessins parfois naïfs inscrits dans des cercles sur la voûte de l’abside, motifs de décors architecturaux au raccord entre voûte de la nef et murs latéraux (corbeille renversée, arcature, …) mais aussi angelots, peuvent être datés du XVIIIe siècle. En fait ils ont été réalisés sur un lait de chaux qui a recouvert une bande noire peinte auparavant sur les murs latéraux. Cette expression d’un deuil notable, depuis le XIVe siècle, perdurait donc encore et peut être une indication pour dater avec certitude l’édification de cette chapelle seigneuriale qui comportait le caveau de la famille des Le Chantre...Au nord, un pré en surplomb de la voie se prolonge jusqu’au carrefour devant le château, à une vingtaine de mètres de la façade, un magnifique acacia centenaire est à préserver..
 
Façade ouest, le long de la rue. © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Abside et mur gouttereau nord. © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Chevet de la chapelle. © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Vue intérieure dans l’axe de la nef. © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
L’arc triomphal et l’abside en cul de four. . © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Décor de scène “naïves” et de symbole dans des cercles au niveau de l’arc triomphal. Fresque (technique de détrempe). © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Bandeau noir de deuil (d’époque médiévale ?) recouvert d’un badigeon de chaux décoré de motifs peints.Fresque (technique de détrempe). © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Décor de l’abside : le “ciel” avec une étoile rayonnante et quatre bandeaux. Fresque (technique de détrempe). © LOINTIER Philippe (2004).
 
 
Gravure de 1793 : “vue du château de Pougnadoresse”. © G. de Sorbier de POUGNADORESSE (2004).
 
 
Plan de localisation, source IGN, échelle 1 / 25000. © IGN.
 
 
Plan de situation, cadastre. © Cadastre.
 


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